St Alain
L’histoire reste un peu évasive sur ce bienheureux Alain de la Roche, que le calendrier propose à notre vénération au 9 septembre. On sait qu’il est né en Bretagne, vers 1428 et qu’il a pris l’habit dominicain à Dinan. Après des études à Paris, il y a enseigné pendant deux ans, avant d’être envoyé à Lille, puis de passer à la congrégation de Hollande. Il réside successivement à Douai, à Gand, puis à Rostock sur la Baltique et meurt à Zwolle au Pays-Bas, avant l’âge de 50 ans. Voilà pour le cursus. C’est peu pour les amateurs d’histoire.
Pour le reste, ce dominicain réputé pour sa grande piété avait semble-t-il l’imagination exaltée et le langage sensiblement excentrique. Il circulait dans tous les azimuts pour propager le Rosaire qui, d’après lui, aurait été institué par saint Dominique. Parfois en proie à de longues extases, il restait régulièrement prostré dans un silence et une immobilité qui pouvaient durer des heures. Bizarre, vous avez dit bizarre ? Mais, comme le cœur, la foi a des raisons que la raison ne connaît pas…
Près de trois siècles après la mort d’Alain de la Roche, Echard, un autre frère prêcheur, jugeait que les visions et les paraboles du dit Alain pouvaient être efficaces pour convertir les pécheurs, mais qu’elles n’avaient aucune valeur historique. Et si la tradition lui accorde le titre de bienheureux, l’Eglise ne l’a jamais officiellement béatifié. Ce qui ne l’empêche pas d’être vénéré par ceux qui portent son prénom, et ils sont nombreux ! Quant aux anges et aux saints qui lui tiennent compagnie au ciel et qui ne cessent de chanter ses mérites, ils sont sans doute légion !
Le même jour, l’Eglise fait mémoire de saint Gorgon, un eunuque de Nicomédie, converti au christianisme et supplicié à Rome au début du 4° siècle avec saint Dorothée, et dont les reliques se trouvent à Gorze en Moselle. La paroisse de Lessy, à quelques kilomètres de Metz, est placée sous son patronage.
Saluons aussi saint Pierre Claver, un jésuite catalan devenu l’apôtre des esclaves noirs débarqués en Amérique au XVII° siècle, et saint Omer, qui fut successivement moine puis évêque de Thérouanne au VII° siècle.
Et enfin n’oublions pas la kyrielle de celles et ceux dont le nom est tombé dans les oubliettes, mais qui n’en sont pas moins méritants que les têtes d’affiche : en vrac, les saints Straton, Rufin, Ulphace, Osanne, et Bettelin, ainsi que les bienheureuses Séraphine, Wulftrude et Wulfhilde. Bonne fête à tous !